Rencontre sur le Mékong

vendredi 18 janvier 2013

DEPASSER NOTRE MISERE EXISTENTIELLE


LES YOGA SÛTRA DE PATANJALI : UNE RÉFÉRENCE FONDAMENTALE 

Cet écrit de référence contient les clefs permettant d'accéder au seul vrai bonheur possible



Parmi les écrits sur le yoga, les "aphorismes" (sûtra) de Patanjali constituent le premier texte à exposer complètement ce qu'est le yoga "classique".

Patanjali en est l'auteur mais nous ne savons pratiquement rien sur lui sinon qu'il s'agissait d'un être inspiré ayant vécu entre le 2ème siècle avant J.-C. et, peut-être, le… 4ème siècle après J.-C. !
Cet ouvrage n'est pas long. Pourtant la plupart des questions psychologiques, philosophiques, métaphysiques qui nous préoccupent sont abordées. Il ne développe pas, ne commente ni n'analyse mais propose des affirmations - comme le ferait un aide-mémoire destiné à permettre de retenir par cœur un enseignement ayant été préalablement transmis par oral. Le traité est théiste et postule l'existence d'un dieu suprême (Ishvara) mais il n'a rien à voir avec un ouvrage de type "religieux" faisant appel à une forme quelconque de "foi". Tout repose sur l'expérience.
Les différents aphorismes (195 en tout) sont regroupés en quatre chapitres :
- Samahdi-pada : Traite de l'état de méditation – ou de "contemplation". Il définit le yoga, mentionne les obstacles et les moyens de les lever.
- Sadhana-pada : Traite de la démarche à suivre, des buts, des tourments à vaincre et  propose une progression en huit étapes ainsi que les postures et les exercices de respiration (prânâyâma) fondamentaux.
- Vibhuti-pada : Traite de la transformation de l'être que permet le yoga et énumère les "pouvoirs" qu'il permet d'acquérir.
- Kaivalya-pada : Traite du rôle que joue le mental sur la voie de la Libération – de la "sérénité" dont il définit la nature. Ce chapitre pourrait être un ajout tardif.

A qui découvrirait les Yoga sûtra, il est important de dire qu'une lecture superficielle ne peut permettre d'intégrer l'essentiel de leur enseignement. Il ne s'agit aucunement d'un livre de cuisine contenant des recettes à suivre à la lettre pour réussir un bon plat… Rappelons qu'ils appartiennent à la tradition orale et que seule leur transmission par un maître éclairé, puis le développement des aphorismes, leur approfondissement, permet d'en extraire la substance.
Sans l'expérience, le yoga ne peut que rester lettre morte. Nous pouvons certes, apprécier intellectuellement le contenu d'un tel texte, mais seule sa mise en pratique permet de l'intégrer et de commencer en soi-même la transformation individuelle qu'il propose.

Les orientations essentielles de ce traité.
Le propre de l'expérience humaine est d'engendrer la souffrance – ce qui est finalement une donnée positive puisqu'elle ne peut que nous inciter à conquérir la libération. L'homme possède en effet la capacité de dépasser sa condition misérable résultant de forces karmiques. Son erreur consiste à prendre des vessies pour des lanternes. En d'autres termes il est métaphysiquement ignorant : les expériences qu'il traverse, il les considère comme étant par essence l'absolue réalité. C'est dire qu'il confond les phénomènes (comme un deuil, un sentiment de tristesse, d'injustice, etc.) avec la seule vraie Réalité (qu'on l'appelle : Soi, Brahman, Atman, Esprit, Absolu, Divin…).
Imaginons que depuis des milliers d'années le ciel soit recouvert de nuages masquant le soleil. Nous serions prêts à jurer que la réalité ultime du ciel se limite à cette chape cotonneuse. Les nuages qui masquent le soleil, ce sont nos états d'âme, nos émotions, nos préjugés, nos convictions, nos mémoires, nos intérêts immédiats, bref, ce qui constitue notre ego. Là est l' "ignorance" que toute la démarche du yoga consiste à lever. Là est aussi la difficulté : il ne s'agit pas de comprendre intellectuellement que je suis ignorant pour ne plus l'être essentiellement ! En effet, à quoi bon savoir que mon désespoir face à un deuil, par exemple, est la manifestation d'une mauvaise vision de la Réalité puisque je souffre toujours autant ! Or la pratique du yoga permet l'indispensable révolution intérieure qui permet d'échapper à ce qui n'est pas une fatalité (= cette perception erronée qui crée la souffrance sous toutes ses formes). Un être "libéré" ne ressent plus la souffrance ; il est débarrassé à jamais des états de conscience auxquels les gens "ordinaires" sont soumis. La "délivrance" vécue, acquise, est la mise à mort de toute confusion. Comme le dit Patanjali, notre activité psycho-mentale nous fait considérer la Réalité comme étant éphémère, impure, douloureuse, alors qu'elle est par essence tout le contraire de cela. Notre vraie Nature est de l'ordre de cette Réalité par essence éternelle, pure béatitude, mais elle nous est masquée. Encore faut-il "réaliser" cela… Les Yoga sûtra, après avoir analysé ce qui fausse notre perception de la vie, nous montrent la voie à suivre pour mettre fin à cette erreur, ils nous expliquent comment ôter ces lunettes qui déforment tout, comment voir enfin ce qui EST.
Le yoga, dit très vite Patanjali, consiste à faire cesser les fluctuations du mental, à créer un espace intérieur désencombré de nos représentations subjectives, de l'agitation, du désordre, de la confusion, des contradictions incessantes qui nous malmènent. Il s'agit pour nous de commencer à voir ce qui "est absolument". La première étape exige de prendre conscience que ce n'est pas le cas. L'auteur des aphorismes recense donc les mécanismes psychiques qui sont facteurs d'erreur : sentiment de l'individualité, attachement, instinct vital et peurs qui nous ligotent aux illusions… Il rend d'abord visibles les chaînes dont il s'agira ensuite de se débarrasser.
On s'en doute : il ne suffit pas de vouloir se débarrasser de ces chaînes : seule une pratique assidue, intense, du corps et de l'esprit (interdépendants), permettra de modifier notre mode d'existence, notre perception de ce qu'est réellement notre Nature profonde. Ce regard neuf, ce nouveau ressenti nous permettra alors de vivre sur un mode de conscience complètement différent  et libéré de toute illusion. Nous serons alors devenus ce que nous sommes : des êtres libres et fondamentalement heureux.


                                                                                       G D                           

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