Rencontre sur le Mékong

vendredi 18 janvier 2013

LES YOGA DANS LA BHAGAVAD-GÎTÂ (4) Jnâna-yoga


BHAGAVAD-GÎTÂ : LE JNÂNA-YOGA

Pour aller plus loin et découvrir comment cet enseignement peut transformer radicalement le sens que nous donnons à la vie (si tant est que nous lui en donnons un), consulter les chapitres du sommaire intitulés : "YOGA : REPONSES A DES QUESTIONS FONDAMENTALES"

Le JY est le plus souvent traduit par « yoga de la connaissance ». S’agit-il de « connaissance intellectuelle », de celle que recherchent tous ceux qui s’instruisent en vue d’accroître leur savoir ?

S’il s’agissait  de ce type de connaissance il suffirait de potasser la question jusqu’à ce que surgisse la libération (qui est, ne l’oublions pas, le but du yoga originel). Tout érudit serait un jivan mukhta, un libéré vivant. L’illumination spirituelle n’est pas l’ « Eurêka » intellectuel d’Archimède. Nous sommes sur deux plans différents (mais pas forcément opposés).
La notion de "connaissance" est vaste... Thomas d’Aquin établissait une distinction entre les vivants connaissants et ceux non connaissants. Il expliquait la distinction ainsi : « Les connaissants se distinguent des non connaissants en ce que ceux-ci n’ont que leur forme propre ; mais le connaissant est capable de participer à la forme d’une chose étrangère. » Le chêne, le granit, l’hirondelle ont leur propre « forme » qui est leur perfection. Mais cette perfection est en quelque sorte inamovible, "imperfectible". Ce qui caractérise l’humain c’est non seulement le fait de posséder lui aussi sa « forme propre » mais sa capacité à s’étendre au-delà de lui-même, à participer à la nature d’autrui et de la vivre. Par la connaissance sensible (exemple : « Ce ciel est bleu et gris ») et par la connaissance intellectuelle (ou, pour simplifier,  sa capacité d’abstraction. Exemple : « l’homme est un animal sociable »), il prend « possession » du monde extérieur et du monde intérieur. C’est alors qu’intervient l’ « intelligence »  par laquelle l’homme, comme dit Aristote, « devient toute chose ». Il faut entendre par là qu’à son plus haut degré, cette intelligence vise idéalement à saisir l’ « essence » des choses. Elle y parvient tant qu’il s’agit pour elle de notions génériques (qu’est-ce qu’un minéral, un végétal, un animal ?) mais si elle tente de capter l’essence des multiples espèces contenues en ces genres, elle ne peut qu’énumérer des propriétés : tel végétal c’est cela, plus cela, plus cela, etc. Notre intelligence ne peut donc nourrir notre vie intérieure qu’à partir du matériel, du « corporel ». En cela elle est très limitée.
                                                                                                    G D

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